Le Paradoxe Gabonais : Pourquoi la Richesse ne suffit plus à Guérir notre Nation
Par Gauthier MAMFOUMBI
Naturopathe – Phytothérapeute Scientifique
Président de l’ONG WAMI
Le groupe de recherche Our World In Data rappelle que l’état de santé d’une population est le prérequis indispensable à tout projet de société et à l’épanouissement humain. Pourtant, malgré les avancées technologiques globales, 10 enfants de moins de cinq ans meurent encore chaque minute dans le monde, une tragédie quotidienne qui ne fait que rarement la une des journaux.
Au Gabon, derrière les chiffres de la croissance économique, se cache une réalité plus sombre que les autorités ne peuvent plus ignorer : la souffrance d'un peuple qui peine à accéder à des soins de base abordables.
1. La richesse nationale face à l'inégalité des chances
Les essais de Max Roser démontrent une corrélation historique entre l'augmentation du revenu national et l'amélioration de l'espérance de vie. Cependant, le Gabon illustre un paradoxe documenté par les statisticiens : un revenu par habitant élevé est une condition nécessaire, mais absolument pas suffisante pour garantir la santé publique.
Dans les graphiques mondiaux, notre pays se situe souvent au-dessus des courbes de mortalité attendues pour son niveau de richesse, ce qui signifie que notre PIB ne se transforme pas efficacement en bien-être pour le citoyen moyen.
Comme le souligne Our World In Data, ce qui détermine votre santé, votre richesse et votre éducation dépend moins de qui vous êtes que de l'endroit où vous vous trouvez.
2. Briser le fardeau des dépenses de santé
L’un des obstacles les plus cruels à la qualité de vie dans nos neuf provinces est le coût prohibitif des soins. Dans de nombreux pays en développement, les dépenses de santé dites « de leur poche » représentent plus de 50 % de l'investissement total, un fardeau qui accable les familles et les maintient dans la pauvreté.
Cette barrière financière crée une inégalité d'accès flagrante, où la survie dépend trop souvent de la capacité de payer plutôt que du besoin médical.
C’est ici que la phytothérapie scientifique gabonaise, portée par l’ONG WAMI, doit intervenir comme un levier de transformation.
3. Décentraliser pour soulager la souffrance
Les données sur l'urbanisation montrent que les populations rurales sont systématiquement délaissées en termes d'infrastructures de base, qu'il s'agisse d'eau potable ou de services médicaux.
En promouvant la phytothérapie scientifique par les autorités, nous offrons au Gabon la possibilité de décentraliser son système de soins jusque dans les provinces les plus reculées.
L'utilisation rigoureuse et validée de nos espèces botaniques locales n'est pas un retour en arrière, mais une application de l'innovation technologique au service de la souveraineté sanitaire.
4. Un investissement à haut rendement pour le futur
Les recherches publiées par Our World In Data indiquent que les retours sur investissement en santé sont proportionnellement beaucoup plus élevés lorsqu'on part d'un niveau de dépense initial faible.
Soutenir la phytothérapie scientifique gabonaise et préserver notre patrimoine botanique est une stratégie gagnante :
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réduction de la dépendance aux importations coûteuses,
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amélioration de la satisfaction de vie globale des citoyens.
Le progrès n'est jamais inévitable ; il naît de choix politiques audacieux qui placent la dignité humaine au centre de l'économie.
Conclusion
Il est temps de sortir la souffrance du peuple de l'ombre des statistiques pour en faire le moteur d'une nouvelle ère de soins décentralisés et respectueux de notre biodiversité.
La réduction de la pauvreté et de la maladie au Gabon ne fait que commencer, et notre flore est notre meilleure alliée.
À propos de l’ONG WAMI
L’ONG WAMI œuvre pour la promotion d’une phytothérapie scientifique africaine, fondée sur la recherche, la préservation de la biodiversité et l’accès équitable aux soins.
Site web: wami-gabon.com
Adresse: Libreville, derriere UGB, à côté des Minipouss
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